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Research studies

Fonctionnement et clés d’aménagement d’une configuration spatiale intermédiaire : l’espace inter Sahel tunisien et Région sfaxienne – Tunisie orientale

Functioning and keys to planning an intermediate spatial configuration : the space between Tunisian Sahel and Sfax region - eastern Tunisia

Prepared by the researcher   – Salem CHRIHA, Maitre-assistant  – Département de Géographie. Université Sfax, Tunisie

Democratic Arab Center

Journal of Urban and Territorial Planning : Fifth Issue – September 2020

A Periodical International Journal published by the “Democratic Arab Center” Germany – Berlin.

Nationales ISSN-Zentrum für Deutschland
ISSN (Online) 2698-6159
ISSN   (Print)  2699-2604 
Journal of Urban and Territorial Planning

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Résumé

L’évolution de la réflexion géographique en particulier en matière  territoriale au cours des trois dernières décennies a fait montrer  qu’en dehors des structures territoriales vraiment alignées  sur une logique centre-périphérie, d’autres configurations peuvent aussi être distinguées. Nous pensons en particulier à celle des espaces intermédiaires.

L’intérêt porté à cette configuration est encore dans ses débuts. Et certaines questions font toujours objet de débat que ce soit en termes d’identification et de délimitation ou en termes de fonctionnement et d’aménagement.

A partir du cas de l’espace inter Sahel tunisien et Région sfaxienne en Tunisie orientale, ce travail tend à identifier cette catégorie d’espace, étudier ses principaux traits de fonctionnement et de dynamique surtout par rapport aux espaces encadrants et référentiels, et tenter enfin de présenter certaines recommandations en matière d’aménagement.

Abstract

The submission of the word to the single model of reflection “the centre/periphery model” may mask other space configurations as the intermediate spaces. The study of this kind of space leaves ask more than one question whether at the level of the definition and delimitation or the level of dynamics and relations with supervisors and referential spaces. Based on the example of the the space between tunisian Sahel and Sfax region in Eastern Tunisia, this work tends to focus on this category of space, trying to study the main features, unveiled the major problems of development and to present some key planning.

INTRODUCTION

Au cours du XXème siècle le modèle centre / périphérie a été fortement sollicité par le champ disciplinaire des sciences économiques et sociales. En géographie, l’application rigide et ferme de ce modèle a suscité diverses critiques qui voulaient le réhabiliter. L’une des critiques les plus sévères c’est sa sous-estimation d’une catégorie d’espace dite « espace intermédiaire »qui fera l’objet de notre présente étude.

En Tunisie, plusieurs études en géographie physique et humaine ont effectivement souligné la présence d’un tel type de concept sans qu’il y constitue (du moins jusqu’au milieu des années 90) une thématique de recherche qui puisse être bénéfique pour la géographie.

A partir du cas du sahel méridional en Tunisie orientale, ce travail se donne trois objectifs : d’abord, nous essayerons de retracer l’évolution de la réflexion géographique eu égard à la terminologie d’espace intermédiaire et remédier par-là à un manque de visibilité au niveau du concept. Ensuite, nous tenterons de comprendre les mécanismes de fonctionnement et d’interaction de cet espace en tenant compte de sa position par rapport aux principaux espaces encadrants. Nous proposerons enfin quelques recommandations en matière d’aménagement afin de faire face aux principaux défis de développement.

I- l’intermédiarité spatiale, parcours de conceptualisation

1- Genèse de la notion

L’application ferme du modèle centre-périphérie[1], qui a fort marqué au cours de la deuxième moitié du XXème siècle, a en quelque sorte gêné toute réflexion en d’autres formes et configurations au sein de l’espace (Merle A, 2011). Toutefois, dès qu’on a tenté de repenser ce modèle (Bavoux JJ, 1990), l’intermédiarité spatiale entant que notion nouvelle commence à marquer différentes études géographiques[2]. Elle commence aussi à être envisagée comme clé de lecture, permettant alors de poser les bases d’une possible conceptualisation du terme (Merle A, 2011).

Effectivement, au début des années 1990, Bavoux signalait la présence d’une telle configuration spatiale « ne serait-il pas souhaitable et justifié, d’individualiser des espaces intermédiaires ? » (Bavoux JJ, 1993). Depuis, les écrits sur la thématique se multiplient et se diversifient. Citons par exemple, ceux de Bavoux JJ (dir) en 1994 ; Boréandi E. 1999 ; Vanier M. 2000 ;   Bonnin PH 2003 ; Bonerandi E. et Landel P.A. en 2006 ; Bonerandi et H. Roth 2007 ; Merle A en 2011 et 2012 ; C. Benigni 2014 et bien d’autres.

Toutefois, en se référant à la littérature géographique portant sur l’espace maghrébin en particulier tunisien, on constate qu’on a à peine évoqué la question de l’intermédiarité spatiale. En effet, la seule occasion où fut discuté un tel concept, c’était à la fin des années 1990 à Sfax[3] en particulier lors du deuxième colloque de géographie dont la problématique était les espaces intermédiaires. Plusieurs questions ont été soulevées portant sur la terminologie, la spatialisation, la délimitation, du fonctionnement et de la dynamique des espaces intermédiaires.

2- Vers une conceptualisation 

La notion d’« espace intermédiaire » est très emblématique. C’est un concept fluctuant et insaisissable. Toutefois les tentatives des géographes pour le cantonner sont audacieuses.

*D’abord, c’est une notion floue :

Comme on vient de le signaler, « l’intermédiarité spatiale » en tant qu’usage terminologique n’est pas étrange et il se généralise de plus en plus. Toutefois, c’est un terme qui demeure ambigu et « autant le terme est utilisé, autant sa signification est floue dans la plupart des écrits et quel que soit l’échelle considérée » (Belhedi A, 1998).  Pour certains, cette ambigüité provient de la nature même des espaces intermédiaires « c’est par nature, [que] l’intermédiaire manque de visibilité » (Bonérandi E, Roth H, 2007).

*Ensuite, c’est une forme hybride : 

Emsellem (2006) certifie  que « ces espaces d’« entre-deux » fondés sur les échanges et les médiations, se nourrissant de plusieurs apports, … [sont] par conséquent riches, complexes, dynamiques et hybrides[4] ».

De leur coté, E. Bonérandi et  H. Roth insistent sur le fait que l’espace intermédiaire ne peut être qu’ «  un espace mixte, hybride »  puisque « les différences de potentiels induisent des flux (de passage, de circulation, d’échanges), lesquels  participent à l’hybridation des espaces intermédiaires » (Bonérandi E , Roth H, 2007).

*Puis, c’est un espace de passage :

Selon E. Bonérandi & H. Roth c’est plutôt « un espace de passage obligé[5] », une expression qui a été utilisée autrefois par Jean-Jacques Bavoux dans son étude sur la Bourgogne[6] pour désigner des espaces non périphériques stricto sensu, mais situés entre deux ou plusieurs centres et, de ce fait, constituent des espaces de passage obligé des flux qui relient ces centres.

* C’est aussi un espace encadré d’espaces typés

En effet, « Est intermédiaire » tout ce « qui est entre deux choses ou deux états, qui occupe une position moyenne ». Selon cette définition à caractère générique[7], un espace n’est intermédiaire que lorsqu’il il est encadré par au moins deux espaces polarisants (Belhedi A, 1998 ; Bonerandi E et Roth H, 2007 ; A. Merle 2011)  . Ces espaces « fortement typés » ou « extrêmes » sont à l’origine des principaux caractères et transformations des espaces intermédiaires comme l’hybridation, la mixité et la confrontation.

Enfin c’est un espace conflictuel

Ce type d’espace vu son caractère relationnel « n’échappe pas [donc]  à sa fonction d’espace de conflit où coexiste un double front mouvant  qui se rétrécit ou s’étend selon la dynamique des fronts et les forces en présence…. » (Belhedi A, 1998). Cette dynamique conflictuelle explique en partie l’aspect d’hybridation des espaces intermédiaires déjà cité   (Merle A, 2011).

Si ces divers aspects pourraient enfin être considérés comme les principaux fondements pour définir un espace intermédiaire, on peut alors s’interroger si l’espace dit « Sahel méridional[8] », qui interpose le « Vrai Sahel[9] » et Sfax et sa banlieue en Tunisie orientale, pourrait en faire l’exemple ? Ou s’agit-il tout simplement d’un espace où l’intermédiarité apparait dans son aspect le  plus simple et préliminaire qu’est la transition et le passage ?

II-le sahel méridional, identification, positionnement et structure administrative

1- Terminologie et positionnement géographique d’« entre deux »

« Le sahel méridional » est une appellation qui s’est apparue dans l’étude de J Despois  (1955) pour distinguer la partie sud du sahel tunisien entant qu’unité géographique plus ou moins distincte. En effet, dans son étude sahel et basses steppes, Despois  distinguait entre un Sahel véridique qui renferme essentiellement l’arrière-pays des vieilles cités de Sousse, de Monastir et de Mahdia[10] et un sahel annexe dit « sahel méridional dégradé » s’étendant au sud jusqu’à la banlieue sfaxienne (Fig.1). Toutefois, malgré le rattachement géo-historique et la continuité entre les deux parties, les habitants du sahel méridional ne se sont pas considérés comme sahéliens.  Ils n’ont jamais été identifiés ainsi malgré les similitudes  que représente leur territoire avec le sahel véridique[11].

Fig.1 : Positionnement du sahel méridional par rapport au sahel véridique et

Sfax et sa banlieue

2- D’une unité administrative « distincte » à un espace totalement fragmenté

En effet, au moment du protectorat français en particulier en 1925, le sahel méridional fut doté par une circonscription de caïdat.  L’agglomération de Jebéniana était son chef lieu d’ou donc sa nomination de« caïdat de Jebéniana » qui fait partie du contrôle civil de Sfax.   Ce caïdat interposait  ceux  de  Mahdia au nord et de Sfax au sud. Il  couvrait la presque totalité du sahel méridional et confirmait sa distinction et son identification par rapport aux espaces environnants.

Fig.2 : Configuration du Sahel méridional et espaces environnants dans le découpage du territoire national en caïdats à la veille de 1956

Toutefois, au lendemain de l’indépendance, le sahel méridional en particulier le caïdat de Jebéniana fut aboli   et depuis, il faisait l’objet d’u processus continu de fragmentation et de dislocation (Fig.3). Les seuls soucis en étaient de confirmer l’hégémonie économique de Sfax par une tutelle  administrative par sa promotion en chef lieu de gouvernorat (depuis 1956) et la création par une volonté politique d’un nouveau chef-lieu de gouvernorat (Mahdia) attribué aux habitants sud du sahel véridique, les Mahdois.

Fig. 3 : Processus de fragmentation du caïdat de Jebeniana

Le sahel méridional serait par conséquent partagé en deux rubans périphériques : un ruban nord  dépend de Mahdia et orienté (du moins théoriquement) vers le Sahel véridique. Un ruban sud qui dépend de Sfax et apte à subir les répercussions de l’empiètement et l’hégémonie des Sfaxiens (carte 4).

Ainsi, le sahel méridional fut soumis à la logique de « centre-périphérie » sans tenir compte de ses particularités d’interposition[12] , d’hybridation, de relais et autres.

Fig. 4 : L’actuelle configuration  administrative du sahel méridional

III-Le sahel méridional, cible de conflits et de subordination  

1- Des aspects d’hybridation ?

Le processus de subdivision administrative dont le sahel méridional fut l’objet laisse penser à ce que des situations et/ou  des formes d’hybridation  peuvent s’y produire. L’étude du paysage est capitale pour dévoiler de telles situations d’hybridation des espaces intermédiaires même si cette tâche n’est pas toujours facile à réaliser vue la complication de tout phénomène d’hybridation[13].

L’un des aspects d’hybridation se manifeste dans la remarquable interpénétration des deux forêts d’oliveraie sahélienne et sfaxienne qui couvrent  presque la totalité de la surface  du sahel méridional « avec une densité qui interpose celle de la forêt sfaxienne et celle de la forêt sahélienne » (Sethom H, Kassab A, 1981). En effet, il est assez aisé à tous les usagers de  la route régionale RR82 d’identifier la belle jonction des deux olivettes, surtout au niveau du tronçon Jebéniana-Melloulech-la Chebba. Par sa situation d’interposition notre espace était donc un champ-front pour deux modes d’arboriculture qui, malgré la longue durée qui les sépare, se sont juxtaposés pour donner à notre espace un aspect d’hybridation et de mixité. Toutefois, à l’intérieur de cette forêt mixte et hybride, c’est le mode de peuplement à la sahélienne qui l’emporte (Jedidi M, 1975).

Ce mode de peuplement  qui caractérisait au moment du protectorat la bande côtière  du sahel méridional[14], se généralise aujourd’hui exprimant une nette transition du rural vers l’urbain. C’est vrai que la proportion de la population rurale demeure dominante, mais  ça n’empêche que le taux d’urbanisation évolue, passant de 24%  en 1984 à 29.5%[15] et d’un effectif de d’une population communale de 40633 habitants à 72430 habitants pour la même période[16]. Egalement,  le peuplement rural dispersé est en nette régression. Et  la tendance vers le regroupement et la concentration est aujourd’hui un aspect saillant  du peuplement rural au sahel méridional.

L’émergence de ces regroupements villageois est due d’abord à une volonté de l’Etat, l’évolution du réseau routier[17] (l’axe routier principal  ElHencha-ElJem, les axes secondaires internes …), et de l’attitude de la population rurale elle-même dont surtout les émigrés de certains villages d’y résider et investir que de  se diriger vers d’autres lieux plus dynamiques au sahel véridique ou au grand Sfax. Au sahel méridional,  l’essor du phénomène villageois -qui est historiquement une caractéristique du sahel véridique- le laisse sur le plan urbain en situation de transition par rapport aux grands pôles avoisinants actuellement très urbanisés  et  à leurs arrière-pays au taux de dispersion de la population rurale  encore élevé (INS, 2014).

Fig. 5: exemples de regroupements villageois structurant le sahel méridional

Au sahel méridional,  l’essor du phénomène villageois -qui est historiquement une caractéristique du sahel véridique- le laisse sur le plan urbain en situation de transition par rapport aux grands pôles avoisinants actuellement très urbanisés  et  à leurs arrière-pays au taux de dispersion de la population rurale  encore élevé (INS, 2014).

Par ailleurs, en dépit des grandes transformations qui le marquaient, en particulier la prolifération de l’habitat de type villa, il conserve encore le(s) “houch(s)”, qui constituait  l’un des principaux traits de peuplement au Sahel véridique.

Tab.1 : Place de l’habitat de type houch selon les délégations au sahel méridional

Houch/Dar arbi/ Borj Villa / Duplex
  2014   2014
ElAmra 21.6 67
Jebeniana 40.8 48
El Hencha 30.9 61.6
Melloulech 47.4 44.9
Chebba 22.4 40.7
S. Alouane 61.8 30.9
Eljem 60.7 21.9
Grand Sfax [18] 4 à 8 24 à 76
Mahdia 27 20.2

              Source : INS RGP 2014

En somme, le sahel méridional reflète un paysage à caractère hybride où se mêlent  des traits sahélo-sfaxiens. Ceci fait qu’on est  devant un espace propice à des rapports concurrentiels voire conflictuels en particulier sur le plan économique.

2- le sahel méridional un espace conflictuel ?

L’aspect antinomique reflète en fait une certaine concurrence ou un conflit d’intérêts entre les deux espaces-typés. Et vue sa situation d’interposition le sahel méridional  en est l’espace visé. C’est l’espace où se concrétisent certaines formes de conflit d’intérêts entre les deux. Les domaines foncier, agricole et commercial sont les principaux domaines qui faisaient du  sahel méridional  un espace conflictuel entre le front sahélien au nord et le front sfaxien au sud.

Il est à noter que la dynamique conflictuelle de ces deux fronts n’a jamais été de la même grandeur. En matière foncière à titre indicatif, la dynamique du front sfaxien visant le sahel méridional  au cours du protectorat (Fakhfakh M, 1986) dépasse aujourd’hui cet espace pour toucher même le territoire Mahdois[19], partie intégrante du vieux Sahel. Par ailleurs, sur le plan commercial en particulier la commercialisation  des pièces de rechange, la polarisation du pôle sfaxien  est plus remarquable. Toutefois, au niveau du commerce forain, les principaux souks hebdomadaires (Jebeniana, Eljem, El Hencha) enregistrent à la fois une présence sahélienne et sfaxienne. Quoi qu’il en soit, le sahel méridional  demeure un espace de conflit d’intérêts, il est donc soumis à un tiraillement permanent mené par ce double front sahélo-sfaxien avec une influence qui varie à travers l’histoire et selon la dynamique de l’un ou de l’autre.

3-Le Sahel véridique,  Sfax et sa banlieue deux espaces-typés ?

Pour le sahel méridional, le Sahel véridique avec ses différents centres attractifs au nord  et Sfax et sa banlieue ou le grand Sfax au sud représentent deux espaces dominants. Leur domination est à la fois administrative et économique. Sur le plan administratif,  comme on vient de le signaler, les différentes opérations de dislocation qu’avait reconnues notre espace, ont abouti enfin à sa subordination soit à Mahdia ou à Sfax. Il a été par conséquent privé de toute chance de se doter d’une unité administrative autonome. Sur le plan économique, le sahel méridional est aussi sous la tutelle de ces régions en particulier du pôle sfaxien. En effet, vu que la domination de Mahdia, se cantonne à un encadrement administratif avec un rôle économique relativement limité, la majeure partie du sahel méridional dont des délégations rattachées administrativement à Mahdia[20], est polarisée par Sfax. Mais ça n’empêche qu’on est devant un conflit d’usage entre deux fronts (forces). Par ailleurs, pour qu’un espace soit intermédiaire, il n’est pas obligatoire, que les deux pôles encadrants soient de la même taille et aient la même capacité de polarisation (Bavoux, 1993).

En somme, le sahel méridional  présente des caractères d’hybridation, de passage, et de conflit. Il est aussi un espace d’entre-deux (entre deux espaces-typés) et présente un certain flou de délimitation, si jamais cette opération est indispensable pour un espace dit intermédiaire ou de transition[21]. Ces différents aspects font certainement appel  à un état d’« intermédiarité spatiale »  mais un état qui demeure incomplet et ne pourrait  pas lui « acquérir une dimension identitaire » (De Méo G, 2002) et/ou constituer un substrat pour sa catégorisation[22] comme un vrai espace intermédiaire   s’il n’est pas engagé dans une vraie dynamique d’échange et d’intermédiation.

IV- Le sahel méridional, une dynamique médiatrice en faveur des espaces encadrants

1- Une remarquable dynamique de médiation et d’intermédiation

Le sahel méridional, comme il est présenté ci-dessus, fait partie de la Tunisie littorale où se situe l’axe majeur de circulation, de communication et d’échanges. Il devrait alors bénéficier de cette situation privilégiée en matière d’infrastructure routière.  En effet, il  est doté  par un réseau routier bien diversifié qui se compose d’un ensemble de voies qui le structurent en diagonale et le lient directement avec les deux espaces archétypes (Fig. 6).

Ces axes assurent un trafic routier considérable sans toutefois être homogène. En effet, on enregistre au niveau du sahel méridional  entre 15000 et 20000 véhicules/jour sur la N1; entre 12000 et 20000 véhicules/jour sur l’A1 et de 7000 à 10000 véhicules/jour sur la RR82 où le trafic peut s’intensifier nettement pendant la saison estivale en particulier au mois d’août. Sur l’axe ferroviaire, on enregistre 18 passages (aller/retour) qui se font chaque jour à travers les deux stations d’Eljem et de Dokhane (ElHencha) (Source : Recensement général de la circulation, 2007).

Fig. 6: situation du sahel méridional par rapport aux principaux

 axes routiers en Tunisie

En outre, le réseau routier permet à prés d’une cinquantaine de voitures  louages de traverser quotidiennement le sahel méridional  pour faire la liaison entre les deux espaces encadrants en particulier entre les deux centres polarisants Sfax et Mahdia.

Tab.2 Répartition de la flotte de louages « Mahdia-Sfax »selon la provenance géographique des propriétaires d’engins

Provenance géographique Nombre Taux (%)
Délégation Gouvernorat
Mahdia/Réjiche Mahdia 15 29.4
Ksour Essaf Mahdia 11 21.5
La Chebba Mahdia 7 13.7
Tboulba Monastir 3 5.8
Grand Sfax Sfax 2 3.9
Jebeniana Sfax 9 17.6
El Amra Sfax 4 7.8
Total   51 100%

                 Source : enquête personnelle, octobre 2015

Outre sa fonction ordinaire de passage, le sahel méridional  participe de prés dans cette dynamique circulatoire avec prés de 40%  de véhicules-louages appartenant à des propriétaires originaires des délégations telles que Jebeniana, la Chebba, El Amra alors que la majorité des licences (de transport public de personnes par louages), reviennent à des Sahéliens et des Sfaxiens.

Par ailleurs, les petites villes de la Chebba, Jebéniana et El Hencha sont aussi des stations d’intermédiation à travers un transport de correspondance entre les deux espaces archétypes.  En effet, au cours des moments d’encombrement  via la RR82 entre Sfax et le Sahel (jours fériés, des vacances scolaires, des fêtes d’Aïds, de la saison estivale, …), les voyageurs se dirigeant de Sfax vers Mahdia et vis-versa se sont ainsi  contraints de parcourir deux tronçons, dont la Chebba fait le point médian et  les louages y sont le principal moyen de correspondance. Dans une moindre mesure, les voyageurs  peuvent se diriger vers Jebéniana et de là rejoindre Mahdia (ou Sfax). Le tronçon Jebéniana-Sfax est suffisamment assuré par des louages et d’auto-bus(SORETRAS). A contrario, le tronçon Jebéniana-Mahdia est desservi uniquement par trois véhicules-louages qui jouent le rôle de moyens de correspondance (enquête personnelle, 2015).

Quant à ElHencha, vue  la locomotion  qu’assure au quotidien la SNCFT (Compagnie ferroviaire en Tunisie) entre Sfax et le Sahel, et de moindre mesure le service de louages ElJem-Sfax par la GP1 et/ou l’A1, son rôle en matière de transport de correspondance et de connexion entre Sfax et Mahdia via ElJem, reste limité.

La fonction d’intermédiation des petites villes de Jebéniana, la Chebba et El Hencha ne se limite pas à cette opération de connexion par transport de correspondance entre les deux espaces encadrants, mais elle touche également les activités d’échange. Il s’agit  des souks hebdomadaires dont ceux de bétail qui représentent des lieux d’intermédiation entre les espaces encadrants. Chaque semaine, on enregistre l’affluence des dizaines de commerçants forains dérivant des pôles encadrants pour participer à l’animation de ces souks.

2- L’économie de bazar et la dynamique d’intermédiation de la ville d’ElJem

La ville d’ElJem, occupe le 2ème  rang sur le plan démographique dans le sahel méridional après la Chebba. Sa dynamique urbaine est due à sa position de carrefour de transit et en particulier à sa situation sur le premier axe d’échange du pays, la RN1. Les effets d’entrainement de cette position qui la relie convenablement aux régions dynamiques du pays sont notables.

Au cours des deux dernières décennies, les Lejmis se sont investis  dans la petite industrie (textile et cuir et secondairement l’agro-alimentaire……). Ils se sont investis ensuite dans le commerce.

 En 2014,  ElJem incubait 245 points légaux  de commerce de gros contre 141 pour Mahdia[23]. Au niveau du sahel méridional, elle incubait le plus grand nombre de points de commerce de détail et de gros, suivie de Jebéniana, puis Sidi Alouane, la Chebba, El Hencha et Melloulech.

Tab 3. Commerce de gros et de détail par délégation au sahel méridional

ville Points de commerce de gros Points de commerce de détail total
El Jem 245 961 1206
Sidi Alouane 51 946 997
La Chebba 38 842 880
Melloulech 07 253 260
Jebéniana 17 1074 1091
El Hencha 29 510 539
Total 387 4586 4973

Source : Direction régionale de commerce et centre régional d’impôts 2014

Mais, la vraie dynamique d’eljem en matiere commerciale et son apport en termes d’intermédiation provient en fait de son commerce illégal ou économie de bazar. En effet, les « Lejmis »  depuis prés de deux décennies, ont pu créer un vrai espace d’ « économie de bazar[24]». Cet espace économique,  l’unique en son genre dans son entourage, s’étalait sur prés de quatre km le long de la GPI au niveau d’ElJem. Il comptait prés de 630 bazars[25] revenant à des grossistes et détaillants « Lejmis ». Là, biens et services de toutes sortes à marque chinoise, koréenne, turque et des  carburants  de contrebande sont disponibles à la vente et à l’achat.      Cet espace quoiqu’il fasse partie de l’économie en parallèle et du secteur informel, est créateur de richesses et d’emplois. Toutefois, il  est aujourd’hui en crise pour au moins deux raisons : d’abord, la diminution remarquable  des produits « importés », ensuite l’aménagement de l’autoroute A1[26]qui s’est répercuté négativement sur la dynamique et l’attractivité des petites villes situées sur la RN1 dont ElJem fait partie.

C’est ainsi que la ville d’ElJem a pu dépasser l’état d’un simple lieu de passage et de transition entre les deux espaces encadrants pour être non seulement un vrai centre attractif mais également un point d’intermédiation à l’échelle régionale.

Pour résumer,  hormis ElJem qui a pu bénéficier de sa position d’intermédiation grâce à la dynamique de ces acteurs locaux et à la mobilisation (même modeste) de son potentiel patrimonial en matière de tourisme culturel[27], les autres petites villes du sahel méridional  demeurent autant  de simples points de  transition (médiation) et de passage  que de vrais lieux d’intermédiation.

V- le Sahel méridional, développement  et clés d’aménagement

1- Un faible indice de développement par rapport aux espaces encadrants

En se référant aux données officielles[28] de l’indice de développement régional (IDR),  on remarque qu’au sein du sahel méridional l’IDR oscille entre 0.392 pour la Chebba  (1er rang) et 0.253 pour El Hencha (7ème rang). Les deux délégations occupent le 83ème  et 164ème rang à l’échelle nationale.

Quant aux espaces référentiels, l’IDR se situe entre 0.482 (délégation Mahdia) et 0.342 (Ksour Essaf) pour l’espace référentiel nord. Il est entre  0.572 (Sfax Ouest) et 0.449 (Sfax Sud) pour l’espace référentiel sud. Les délégations de Sfax Sud et Mahdia occupent les 17ème  et 34èmerangs à l’échelle nationale. A rappeler que les valeurs extrêmes sont enregistrées dans les délégations de Bab El Bahr (gouvernorat de Tunis) avec un IDR de 1.000 (1er rang) et à Hassi El Frid (Kasserine) avec un ID de 0.000 (264ème et dernier rang).

Fig.7. Répartition de l’IDR par délégation dans le sahel méridional et les espaces référentiels

Si l’on se réfère à l’IDR des deux premières délégations au sein des espaces référentiels (0.482 ; 0.572), on remarque qu’aucune des délégations du sahel méridional  a une valeur proche. En effet, toutes les valeurs sont inférieures au seuil  de 0.400. Et cinq délégations du sahel méridional ont également un IDR ≤ à 0.300, un état qu’on trouve d’abord dans certaines délégations avoisinantes non intermédiaires (Essouassi 0.264 ; Chorbane 0.224 ; Agareb 0.292 ; Bir Ali 0.186) mais également dans la plupart des délégations de la Tunisie de l’intérieur. Par ailleurs, le sahel méridional demeure un espace

Répulsif. La mobilité générale de sa population à l’intérieur ou à l’extérieur de la Tunisie démontre un solde migratoire négatif. Le bilan est de (-1111personnes) pour la migration intérieure et de (-1651personnes) pour l’émigration extérieure. La recherche d’emploi et l’amélioration des conditions de vie familiales en sont les principales raisons (INS, RGP 2014).

Ainsi, apparait –il que le sahel méridional, par ses faibles valeurs d’IDR, et ses soldes migratoires négatifs n’a pas bénéficié de son emplacement  d’intermédiarité. Au contraire, il est dans  un état de cavité par rapport aux deux espaces référentiels, ce qui laisse penser à la faible participation de leurs acteurs dans sa promotion économique et met en question les diverses options suivies en matière de développement et d’aménagement régional et leur inattention envers son état d’intermédiarité et/ou de « l’entre-deux »[29]?

2- Des clés en matière d’aménagement, une valorisation possible de l’intermédiarité spatiale?

Si l’on part de cette approche qui interpelle une nouvelle catégorisation de l’espace où l’intermédiarité peut occuper une place, il devient logique de revoir les différentes options d’aménagement du territoire surtout à l’échelle régionale. Jusqu’aux années 1990, pendant que le modèle centre-périphérie était décliné à toutes les échelles territoriales, l’intermédiarité spatiale était peu reconnue.  Depuis, il y a un total glissement vers  son acceptation au niveau terminologique, puis en tant que nouvelle configuration spatiale et enfin comme nouvelle cible d’aménagement.

Effectivement, comment aménager une telle configuration spatiale?

En se référant aux divers travaux en la matière, on voit que cette question demeure problématique. Il n’y avait pas de vrais schémas d’aménagement mais plutôt des idées, des conseils, des fils conducteurs.

Pour ceux qui défendent le modèle centre/périphérie, la catégorie d’espace intermédiaire quand on arrive à l’identifier, son aménagement ne pose plus de problèmes. Pour A.Reynaud [30], « les zones de transition » dont on ne sait si on doit les rattacher à l’aire-foyer ou à l’aire marginale, ce n’est qu’« un problème de seuil » auquel on peut donner deux solutions : accepter l’existence d’une zone de transition ou bien rattacher ces cas ambigus à l’une des deux classes : centre ou périphérie ». Cet exemple  traduit  bien, selon Commenges, Riera, (2011)[31], la vision dichotomique centre / périphérie qui ne laisse pas émerger de catégorie intermédiaire. Entre le centre et la périphérie, il n’y aurait qu’une succession de centralités de degrés décroissants.

Contrairement à A.Reynaud,  Commenges et Riera, insistent sur le fait qu’il est possible de « construire une catégorie intermédiaire qui tient la route et qui n’est pas synonyme d’un « certain degré de centralité » (Commenges H, Riera E.M, 2011)[32].

Pour le cas tunisien, en retraçant les grands traits de la politique d’aménagement à l’échelle du territoire national, on s’aperçoit  qu’elle coïncide avec l’approche des partisans du modèle centre/périphérie. Selon le 1er SNAT de la Tunisie(1985), la solution trouvée pour les quelques cas d’intermédiarité spatiale identifiés, c’est tout simplement de les rattacher à l’une ou l’autre des régions environnantes, donc à un certain espace périphérique d’une (ou de certaines)  ville(s)-centre(s)[33].

L’organisation territoriale du sahel méridional  repose sur un découpage administratif qui prouve l’absence totale en matière territoriale d’un esprit qui apprécie l’individualité propre d’un espace médian  et la  « fonction d’intermédiaire » (Belhedi1998). Il s’agit d’un découpage dont les principes découlent du modèle « centre/périphérie »  en particulier le choix d’une périphérisation et de dépendance. Par ailleurs, cette situation de périphérisation s’est vue consolidée d’un moment à l’autre par des découpages successifs  qui y ont lieu.

L’état de cavité de développement prouve bien l’état de périphérisation du sahel méridional. Il ne se conforme plus avec la bonne situation qui caractérise cet espace soit par rapport aux grands axes routiers qui le traversent ou par rapport aux régions dynamiques qui l’encadrent. Cet état peut être imputé à divers  acteurs, publics et privés.

La responsabilité de l’acteur public s’exprime surtout par l’incapacité des organismes  étatiques régionaux, de bien mobiliser les diverses potentialités qui existent,  et de résoudre  certains  problèmes qui demeurent de vrais  obstacles de développement local (situation foncière non épurée, morcellement excessif,   surexploitation des eaux et sols, rareté des sources d’investissement, chômage….).

Quant aux acteurs privés régionaux en particulier ceux des deux espaces encadrants (Sfaxiens et Sahéliens) c’est qu’ils n’ont pas joué le rôle d’impulseur de la dynamique économique au sein du sahel méridional. Au contraire, c’est un état de repliement. La dynamique du capital sfaxien se déplace en faveur d’autres territoires (Bizerte, Cap-Bon, Sahel…).

Enfin, les acteurs privés locaux : excepté quelques tentatives comme celle des Lejmis, le sahel méridional  n’a pas connu d’opérations d’investissement d’ampleur.

En somme, les faibles indicateurs de développement, la faible dynamique des villes, l’état de répulsion et la faible mobilisation des potentialités prouvent que le sahel méridional  fut envisagé tout simplement en tant qu’espace périphérique dépendant et il n’a pas profité de sa position  d’ « entre-deux » et vis-à-vis des axes routiers importants qui le structurent, il demeure alors « un simple réceptacle passif, un support inerte de ces réseaux » (Bavoux JJ, 2006).

Conclusion

Au terme de ce travail, il importe de signaler qu’on ne prétend pas avoir répondu à toutes les questions que pourrait révéler l’étude de l’intermédiarité spatiale, une thématique d’actualité et qui renferme « plusieurs registres ».

Sans doute, les différents aspects et questionnements qu’on vient d’évoquer d’après notre cas d’étude du sahel méridional  sont d’importance, d’autres sont néanmoins à considérer et à développer.  Pour n’en citer que trois  qui nous apparaissent déterminants dans l’avenir du sahel méridional:

 -d’abord, la nécessité de valoriser sa « situation d’intermédiaire » pour surpasser son état de cavité de développement  et sa fonction de « support inerte de réseaux » et assumer ainsi un vrai rôle d’intermédiation.

-ensuite, l’importance de l’engagement et la participation des acteurs publics et privés (surtout ceux des espaces référentiels) pour aboutir à un tel rôle.

-enfin, l’importance primordiale accordée aux prochains plans d’aménagement pour prendre en considération la catégorie d’espaces intermédiaires.

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Biographie de l’auteur 

Salem Chriha maitrisard en histoire géographie de l’Ecole Normale Supérieure de Sousse (1990), professeur d’enseignement secondaire (1990-1996), recruté en enseignement supérieur en géographie humaine à la FLSH de Sfax depuis 1997. Docteur en géographie avec mention très honorable (en 2000) suite à une soutenance de thèse à la Faculté 9 avril Tunis portant sur « les mutations éco, sociales et spatiales dans l’espace de transition entre la région sfaxienne el le Sahel tunisien » sous la direction du professeur Mohamed Jedidi.

Enseignant-Chercheur (au titre de maitre-assistant) et auteur d’un bon nombre d’articles dans des revues nationales et internationales qui se focalisent sur la problématique de développement et d’aménagement au niveau des espaces locaux et régionaux en Tunisie.

[1] Ce modèle décrit le monde comme « un système dans lequel un noyau donne des impulsions, draine des richesses des périphéries qu’il capitalise à son profit, exerce une surveillance politique et économique sur les auréoles » (Brunet, Dollfus1990). Et « exprime l’idée d’un gradient de décroissance progressive de la concentration, du pouvoir, de la puissance et de la richesse, du centre vers les périphéries

[2] La réflexion géographique sur les espaces intermédiaires émerge ainsi depuis quelques années mettant sur le devant de la scène « une réalité géographique de plus en plus importante et prégnante » (Emsellem K (2006), citée par  Boreandi et Roth 2007)

[3]– In FLSH, département de géographie, II Colloque de Géographie, 2-4 mars 1998. Les actes de ce colloque n’ont pas été publiés et rien n’en a été documenté

[4] Cité par A. Merle in « De l’inclassable à « l’espèce d’espace » : l’intermédiarité et ses enjeux en géographie », L’Information géographique 2011/2 (Vol. 75), p. 88-98

[5] E. Bonérandi & H. Roth : Pour une géographie des espaces anti-héros : au-delà de la banalité des espaces intermédiaires, 2007.

[6] « les espaces intermédiaires se sont des « espaces non périphériques (…)situés entre deux centres (ou plus)et donc territoires de passage obligé des flux généralement intenses qui les relient ».In Bavoux J-J, 1993

[7] In le Petit Larousse, 2004

[8] Appellation utilisée pour la première fois par J Despois in Tunisie orientale, Sahel et Basse steppe, 1955. Un peu plus tard, M Jedidi l’a réutilisée mais sans aucune délimitation géographique (Jedidi 1986, T1 p.331)

[9] Ibid

[10] « Le sahel est essentiellement l’arrière-pays des vieilles cités de sousse, de monastir et de mahdia. Au nord, sidi bou ali et hergla en sont les avant-gardes : leurs habitants se disent sahéliens et sont considérés comme tels …….Rejiche et ksour-Essaf sont encore sahéliens  bien qu’ils ne se considèrent plus comme en plein sahel» (Despois, 1955 p 288)

[11] « Cependant El-Djem dont les maisons se tapissent, beaucoup plus au sud, au pied du splendide amphithéatre, n’est plus considéré comme sahélien bien qu’il en présente plus d’un caractère. De même la Chebba, Djebéniana, la Khriba (El Amra), la Louza et Hazeg, îlots témoins d’un ancien sahel méridional, isolés et presque submergés par le pays nomade et dont les vieux oliviers seront bientôt noyés par la marée montante des jeunes olivettes sfaxiennes… » (Despois, 1955 p 288)

[12] ou  comme fut appelée par le SDARE (2010), « la zone médiane entre Sfax et Mahdia » DGAT/Shéma Directeur d’Aménagement de la Région Economique du Centre-Est/ Phase 2- Etape2, 2010. p 28

[13] Le terme “hybride” exprime bien la coexistence de deux (ou plusieurs) formes typiques  dont on ne comprend ni l’agencement, ni la logique des combinaisons. On trouve cela dans les formes de l’habitat, les comportements, les mentalités, les formes spatiales, les stratégies, les statuts et les rôles… (Belhedi A, 1998).

[14] « Au moment de l’établissement du Protectorat français, les beldan, qui étaient, avec Sfax, gouvernés à part des nomades, étaient la Chebba, Melloulèche, Djebeniana, Hazeg, la Louza, la Khriba.  Les six agglomérations situées au Nord de Sfax, à proximité de la mer, dans le pays des Metheliths, étaient les misérables survivantes d’un Sahel méridional…Ces villages participent de l’habitat comme de l’économie du Sahel. Leurs habitants sont des villageois, et les villages sont agglomérés. Les maisons sont du type sahélien mais d’une espèce médiocre et sans voûte » (Despois J, 1955).

[15] Contre 64.9% à l’échelle nationale, 63.7% pour le gouvernorat de Sfax et 44.4% pour celui de Mahdia. INS, RGPH 2014

[16] INS, RGPH 1984 et 2014

[17] « C’est également le cas en Tunisie, où les campagnes s’urbanisent du fait de leur proximité des villes, du développement des axes routiers et du transport rural ». Pintus Florence, 2009.

[18] Sfax ville 6.9% ; Sfax ouest 4% ; Sakiet Ezzit 7% ; Sakiet Eddaier 5.7% ; Sfax sud 8% ; Tina 4.9% (en 2014)

[19] Aujourd’hui la présence des sfaxiens en tant que propriétaires dans le ruban côtier allant de la Chebba passant par Salakta-Réjiche  jusqu’à la cote nord de Mahdia est une réalité indiscutable

[20] La Chebba, Melloulech et de moindre mesure ElJem

[21] « La notion de médianneté et d’intermédiairité est une notion relative qui n’a de sens que par rapport à l’échelle considérée, les limites ne sont pas fixes et ne sont compréhensibles que par rapport  aux espaces références » ( Belhedi A, 1998)

[22] « Il est en effet possible d’imaginer porter l’intermédiaire en « catégorie » d’espace, ce que propose d’ailleurs G. Perec (1985) dans Espèces d’espaces » (Merle A, 2011

[23] Source Direction régionale de commerce et centre régional d’impôts 2014

[24]« L’économie de bazar », telle que nous l’entendons, constitue un ensemble d’activités relevant de la vaste nébuleuse des économies souterraines et informelles. Elle caractérise des dispositifs commerciaux formés par l’articulation de réseaux nomades transfrontaliers et de places marchandes sédentaires, par lesquels circulent et se commercialisent des produits licites et illicites de part et d’autre de la Méditerranée (source : Péraldi M, 2002).

[25] Enquête personnelle le 26 mars 2016 (à 11 heures du matin)

[26] Sur un total de 630 bazars, on a enregistré 123 (prés du 1/5) en état d’abandon (source : enquête personnelle le 26 mars 2016 à 11h )

[27] Voir Chriha, S., 2009 : Potentiel archéologique et développement local en Tunisie : cas d’Eljem.  Revue de géographie du Maroc N° 1 – 2, Vol. 25.

[28] Source : Ministère de développement régional, 2012

[29] « Ma définition restrictive pour  de l’entre-deux serait donc un espace où les effets des espaces  externes l’emportent sur les effets internes pour sa structuration »Violette Rey In Carnets de géographes, n°7, 2014 Rubrique Carn

[30] Cité par  Hadrien Commenges, Enric Mendizabal Riera  in Définir l’intermédiarité par le système des mobilités spatiales (2011)

[31]Ibid

[32] Ibid

[33]« Dans plusieurs cas, se présentent entre les régions des zones de transition qui pourraient justifier d’autres délimitions :

– au Nord de la zone des Mogods (délégation de Sejnane) pourrait aussi bien être rattachée  à la région du Nord-Ouest, alors qu’à l’inverse, Mejez El Bab, comme relais de Tunis, pourrait être intégré au Nord-Est,

-entre le Nord et le Centre existent également de telles situations,  certaines délégations du versant Sud de la Dorsale (Nadhour, Rohia) appartenant plus naturellement au Centre Ouest, tandis que d’autres, au contraire (Bou Ficha sur le littoral, Makthar à l’Ouest) seraient mieux rattachées au Nord,

– enfin, dans la bande de transition entre le Centre et le Sud qui s’étend de Sfax à Gafsa subsiste une zone d’articulation (délégations de Mezzouna et de la Skhira) pouvant se rattacher aussi bien à l’une ou l’autre région. » SNAT, 1985, v 1 Rapport final p 32.

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